Le 2 janvier 2025, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a officiellement lancé une cellule de coordination avec la Police nationale d'Haïti (PNH) et la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS). Objectif : mutualiser le renseignement et la logistique pour contrer les gangs qui contrôlent 80 % de Port-au-Prince. Une réponse tardive, mais peut-être décisive, à une violence qui a déjà fait plus de 5 600 morts en 2024.
Chiffres clés de la crise haïtienne
Contexte : une violence endémique et une réponse internationale
Créé en 2019 par la résolution 2476 du Conseil de sécurité, le BINUH fournit un appui technique à la PNH. Depuis janvier 2025, sa cellule de coordination opérationnelle assiste la MMAS dans le partage de renseignements et la planification des opérations anti-gangs. Le bureau compte 70 experts civils et 40 policiers internationaux.
Autorisée par la résolution 2699 du 2 octobre 2023, la MMAS est dirigée par le Kenya. Déployée en juin 2024, elle compte 2 500 agents de 9 pays (Kenya, Jamaïque, Bénin, etc.). Son mandat est de soutenir la PNH dans la lutte contre les gangs, mais elle manque d'équipement et de financement. Seuls 300 millions de dollars sur les 600 promis ont été versés.
Chronologie des événements clés
Assassinat du président Jovenel Moïse. Vacance du pouvoir et montée en puissance des gangs.
Conseil de sécurité adopte la résolution 2699 autorisant la MMAS. Le Kenya accepte de la diriger.
Premiers contingents kenyans arrivent à Port-au-Prince. Début des opérations conjointes avec la PNH.
Lancement de la cellule de coordination BINUH-MMAS-PNH pour renforcer l'efficacité des opérations.
Contribution des pays à la MMAS (effectifs)
| Pays | Effectifs promis | Statut |
|---|---|---|
| Kenya | 1 000 | Déployé |
| Jamaïque | 200 | Déployé |
| Bénin | 150 | Déployé |
| Bahamas | 150 | En attente |
| Antigua-et-Barbuda | 100 | En attente |
La situation humanitaire reste catastrophique. Selon l'OCHA, 5,5 millions de Haïtiens ont besoin d'aide, dont 3 millions d'enfants. Les déplacés internes atteignent 700 000, fuyant les violences des gangs. Les hôpitaux sont débordés, et la pénurie de carburant paralyse les transports.
Le BINUH, dirigé par la représentante spéciale María Isabel Salvador, a souligné que la cellule de coordination permettra de « mieux cibler les opérations et d'éviter les pertes civiles ». Un point crucial : les gangs utilisent des boucliers humains et recrutent des enfants. Selon l'UNICEF, 30 % des membres de gangs auraient moins de 18 ans.
Reste à savoir si cette nouvelle coordination suffira à inverser la tendance. Les gangs, notamment le G9 et son rival G-Pèp, sont lourdement armés via des trafics en provenance des États-Unis. La résolution 2699 prévoit un embargo sur les armes, mais son application reste lacunaire. Le Conseil de sécurité doit se réunir en février 2025 pour évaluer la mission.
Recevez chaque nouvel article directement dans votre boite mail.
Gratuit · Sans spam · Desinscription en 1 clic.
FAQ – Vos questions fréquentes
Qu'est-ce que le BINUH ?
Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) est une mission politique créée par la résolution 2476 (2019) pour appuyer la stabilisation et la lutte contre les gangs. Il compte environ 110 experts civils et policiers.
Quel est le rôle exact de la MMAS ?
La Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS) est une force non-onusienne autorisée par le Conseil de sécurité. Elle assiste la Police nationale d'Haïti dans les opérations anti-gangs, la sécurisation des infrastructures et la formation. Elle n'a pas de mandat de maintien de la paix.
Pourquoi le Kenya dirige-t-il cette mission ?
Le Kenya a proposé de diriger la MMAS en 2023, après l'assassinat du président Moïse. Le pays a une expérience des opérations de paix en Somalie et au Soudan. La décision a été entérinée par le Conseil de sécurité le 2 octobre 2023.
Quels sont les principaux gangs en Haïti ?
Deux coalitions principales : le G9 (dirigé par Jimmy Chérizier, alias « Barbecue ») et le G-Pèp (alliance rivale). Ensemble, ils contrôlent environ 80 % de Port-au-Prince. Ils sont impliqués dans les enlèvements, les meurtres et le trafic de drogue.
La situation s'améliore-t-elle depuis l'arrivée de la MMAS ?
Les résultats sont mitigés. Des opérations ont permis de reprendre certains quartiers, mais les gangs conservent l'initiative. Les violences ont baissé de 20 % en novembre 2024 par rapport à octobre, selon la PNH, mais restent à des niveaux très élevés.
• UN News – Haïti : un bureau d'appui de l'ONU commence à soutenir la force de répression des gangs
• Haut-Commissariat aux droits de l'homme – Plus de 5 600 morts en 2024
• Nations Unies – BINUH
• Département d'État américain – Fact Sheet MMAS
• UNICEF – Recrutement d'enfants par les gangs
© AndetayNews 2026 — Article à but informatif.